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La Saint-Éloi d’Eyragues défie le temps

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Article publié le jeu 3 Juil 2025

La Saint-Éloi d’Eyragues : quand la tradition fait vibrer le village

Sous un soleil de plomb, Eyragues a une fois de plus prouvé que ses traditions ne craignent ni le temps ni la chaleur. Cinquante chevaux puissants ont mené la fameuse charrette de la St Eloi à travers les rues, offrant un spectacle inoubliable où la passion équestre et l’héritage provençal se sont donné rendez-vous.

Un rendez-vous annuel avec l’histoire

À Eyragues, la Saint-Éloi n’est pas une simple fête : c’est un véritable retour aux sources, un moment où tout le village se rassemble pour célébrer ses racines. Depuis le XVe siècle, cette fête patronale rend hommage à Saint Éloi, protecteur des artisans et des travailleurs de la terre. La Carreto Ramado, charrette décorée de verdure et tirée par des chevaux de trait, symbolise à elle seule l’attachement du village à son passé agricole.

Dès l’aube, la journée commence au château de La Malgue avec une messe inaugurale, réunissant habitants et visiteurs. Ensuite, place à la préparation minutieuse de la charrette : buis, feuilles d’asperges, chardons, épis de blé et fleurs en papier sont assemblés avec soin, perpétuant un savoir-faire transmis de génération en génération. L’ambiance est à la convivialité, entre apéritif partagé et repas sous le signe de la fraternité.

Le galop des traditions : émotions garanties

Le samedi soir, le cœur du village bat plus fort. À 19h, quinze chevaux attelés à la charrette s’élancent dans les rues, d’abord au trot puis au galop. Le bruit des sabots, l’odeur de la paille, les encouragements du public… tout rappelle une époque où l’homme et l’animal travaillaient ensemble. Ce moment fort transporte petits et grands dans un autre temps, entre émotion et admiration.

Le dimanche, la fête prend une dimension solennelle. Les Arlésiennes, élégantes dans leurs costumes traditionnels, apportent une touche de grâce. Pendant que les hommes partagent un déjeuner à l’ancienne, la grande messe à l’église Saint-Maxime rassemble une foule nombreuse, portée par les chants du chœur local et la ferveur des prieurs.

Un défilé hors du temps

Le point d’orgue de la Saint-Éloi, c’est le grand défilé. Gardians en tête, charrettes fleuries, Arlésiennes et la Carreto Ramado tirée par cinquante chevaux défilent sous les applaudissements. Les charretiers et fouetteurs orchestrent un ballet impressionnant, multipliant les passages pour le plus grand plaisir du public.

Bien plus qu’un simple folklore, la Saint-Éloi est un pilier de l’identité d’Eyragues. Elle rassemble toutes les générations, fédère autour de valeurs partagées et rappelle que certaines traditions sont faites pour durer. Ici, la mémoire collective se transmet avec passion, et chaque édition écrit une nouvelle page de l’histoire du village.

À Eyragues, la Saint-Éloi n’est pas près de s’éteindre : elle reste le cœur battant d’une Provence fière de ses racines.

*Un peu d’histoire

Qui est Saint-Éloi ?

Né vers 588 à  Chapelât dans le Limousin, « le bon saint Eloi » appartenait à une famille de paysans aisés qui travaillaient eux-mêmes leur domaine. Il laissa à l’un de ses frères le soin du domaine et entra comme apprenti orfèvre dans un atelier où l’on frappait la monnaie royale. Il était aussi habile dans les émaux que dans les ciselures d’or fin. Il  résida à Paris où il devint orfèvre royal, fonctionnaire de la Trésorerie royale et conseiller à la cour.  Lorsque Dagobert devint roi en 629, Eloi dirigea les ateliers monétaires du royaume franc qui se trouvaient à Paris sur le quai des Orfèvres et près de l’actuelle rue de la Monnaie.  Après la mort de Dagobert en 639, Eloi devint évêque de Noyon et de Tournai en 641. Il mourut en 660.

A Paris, une église lui est dédiée dans le quartier  des ferronniers d’art et des ébénistes.

On commémore le 25 juin la translation d’un de ses bras en la cathédrale Notre-Dame de Paris en 1212.

Son habileté comme orfèvre le fit très tôt choisir comme saint patron par les orfèvres eux-mêmes, les métiers du fer, les maréchaux-ferrants et les maraîchers.

HISTOIRE DE LA CONFRÉRIE SAINT-ÉLOI D’EYRAGUES

La Confrérie de Saint-Eloi d’Eyragues aurait été fondée dans les années 1800. Depuis cette époque les Eyraguais garnissent une charrette avec du buis,  du blé, des chardons,  des asperges, et des fleurs de papier. Au début cette charrette était tirée par des mules et des mulets ; de nos jours une cinquantaine de chevaux de trait les ont remplacés. Les superbes garnitures de Saint-Eloi sont restées dans la tradition, comme l’écrit Frédéric Mistral : « les bridons à miroir, les licous ornés de plumes, les carapaçons de soie et le grand collier de Provence dont le chaperon pointu conjure le mauvais sort » ( N°182 de l’Aïoli).  Sans oublier la tortillade (gâteau en forme de couronne à la fleur d’oranger pour Eyragues),  les charretiers qui tiennent chacun leur cheval, les Arlésiennes dans leur beau costume, les fouetteurs qui font claquer leur fouet au-dessus de leur tête, les galoubets les tambourins, la musique ainsi que les cavaliers. Toute cette cavalcade s’en va dans  les rues du village. Aujourd’hui cette fête a lieu à Eyragues le dernier dimanche de juin.

*Source Musée d’Eyragues Témoignage & Patrimoine

Samedi 28 juin 2025

Journée de préparation

Dimanche 29 juin 2025

Jour du défilé

La presse en parle

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Rédigé par Jean-Louis MANIFACIER

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